Rémanence [du 12 octobre au 25 novembre 2012]

Le choix des œuvres de Rémanence a été effectuée par un groupe d’enseignants des écoles maternelles et élémentaires de la ville d’Aulnay-sous-Bois, qui ont travaillé à ce projet d’exposition, à son contenu et à sa mise en espace, durant l’année scolaire 2011-2012, sous la conduite de leur Conseillère pédagogique départementale en arts visuels. Avec les œuvres Avec les œuvres de : Shimon Attie, Giulio et Augusto Bernardi, Christian Boltanski, Patrick Faigenbaum, Gilles Ghez, Shelagh Keeley, Jean-Paul Marcheschi, Sabine Massenet, Vik Muniz, Osman, Catherine Poncin, Sophie Ristelhueber, Éric Rondepierre, Sarkis, Sigurdur Ani Sigurdsson, Gérald Thupinier, Éric Van Straatende : Shimon Attie, Giulio et Augusto Bernardi, Christian Boltanski, Patrick Faigenbaum, Gilles Ghez, Shelagh Keeley, Jean-Paul Marcheschi, Sabine Massenet, Vik Muniz, Osman, Catherine Poncin, Sophie Ristelhueber, Éric Rondepierre, Sarkis, Sigurdur Ani Sigurdsson, Gérald Thupinier, Éric Van Straaten

Cette exposition est le fruit d’une rencontre autour de la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis et d’un désir partagé de faire résonner des œuvres entre elles sur le thème de la mémoire. Parmi les propos de ces œuvres choisies, on retrouve la mémoire individuelle qui touche à l’intime, la mémoire collective qui se veut universelle et partagée, touchant à la grande histoire et remontant jusqu’à l’Antiquité, ainsi que la perte de mémoire (oubli, mémoire sélective…) qui renvoie à la fragilité et à la temporalité de la condition humaine.

En effet, l’homme s’accroche à ses souvenirs pour échapper à la mort ou bien les estompe pour survivre et pour accepter sa vie. Dans tous les cas, il s’agit d’une mémoire vive que l’artiste nous donne à voir, à ressentir, à partager. L’œuvre elle-même s’inscrit aussi immanquablement dans la mémoire des arts, elle l’évoque, s’y réfère et y participe en laissant son empreinte, sa trace.

L’ensemble des œuvres exposées, qu’elles soient figuratives, abstraites ou conceptuelles convoque la notion de narration. Ces œuvres « mémorielles » racontent des histoires, des récits sensibles, quelquefois émouvants qui placent l’homme au cœur des préoccupations des artistes contemporains. Elles ont souvent recours au médium photographique, mais dans des dispositifs la plupart du temps complexes. Ainsi chez Shelagh Keeley, des dessins évanescents côtoient des photographies anciennes dans une réflexion sur notre corps et ce qui l’enveloppe, cherchant à recréer du lien entre sa spiritualité et sa matérialité. Osman, évoque à travers une installation de pupitres, la végétation et la géographie de son pays natal. Ses souvenirs nous renvoient à nos territoires intimes, à notre terre ancestrale. De même, plusieurs artistes, Patrick Faigenbaum, Christian Boltanski et Shimon Attie font référence à des générations disparues pendant la Shoah ou de retour à la terre natale. Chez eux, l’image peut devenir une projection du passé comme une réminiscence ou constituer une sorte de mausolée. Dans ce contexte des conflits historiques, Sophie Ristelhueber photographie des fragments de paysages pendant la guerre en Irak, faisant apparaître des résidus de déflagrations. Les vestiges de destructions de tous ordres reviennent souvent dans ce qui sous-tend les expressions de ces artistes : Giulio et son fils Augusto Bernardi font référence à la sculpture antique rescapée d’une éruption volcanique et Jean-Paul Marschesi nous livre la combustion de sa mémoire intime. De même, Éric Rondepierre nous renvoie à la fragilité des images en mettant en valeur des photogrammes altérés pas les brûlures de la pellicule. Catherine Poncin quant à elle, se questionne à propos de l’identité individuelle au sein d’une foule, choisissant de recadrer un fragment de quelques-uns parmi la multitude. Ce thème du portrait et de l’identité revient aussi en filigrane dans ce parcours avec le travail de Sigurdur Arni Sigurdsson qui se plaît à projeter une silhouette sans visage, qui pourrait être notre propre ombre sur l’espace vide de la toile. Gérald Thupinier, lui, préfère laisser parler les mots en guise d’autoportrait. Vic Muniz est dans l’évocation d’une ville et de l’histoire de la photographie en citant le travail de Bérénice Abbott qui témoigna dans les années 30 des transformations de New York. Les mutations et la reconquête de l’architecture par la végétation apparaissent dans les travaux de Gilles Ghez et d’Éric Van Straaten. La vidéo de Sarkis suit en plan séquence l’interprétation d’un masque primitif à l’aquarelle. Enfin Sabine Massenet évoque le trou de mémoire, à travers des mimiques d’enfants filmés en courtes séquences.

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Vernissage le mercredi 17 octobre à 18h30 Espace Gainville 22, rue de Sevran 93600 Aulnay-sous-Bois Renseignements : 01 48 79 65 26