Les Actions culturelles

Les 1 % artistiques mis en place dans les collèges sont aussi des supports d’exception pour des actions culturelles et pédagogiques. Certaines œuvres intègrent même ce volet dans leur processus de production, une innovation du Département de la Seine-Saint-Denis dans la conception des 1 % !

 Céline Ahond

Collège Pierre Curie à Bondy : « Jouer à faire semblant pour de vrai »

La performance, domaine de l’artiste Céline Ahond, est un champ très peu investi dans le cadre des 1% artistiques : en tant qu’action, elle a un caractère éphémère et immatériel à rebours de nos habitudes. Pourtant, comme le rappelle Céline Ahond, « les spécificités de cette forme artistique peuvent satisfaire pleinement aux demandes liées à l’espace public et en particulier à celui du collège. En effet la performance est toujours adaptée aux contextes dans lesquels elle se déploie. Un collège n’est pas un espace public comme un autre : il est le lieu de la transmission d’un savoir au sein d’une vie collective. L’œuvre que je propose est en adéquation avec les premiers utilisateurs des bâtiments et a pour enjeu de rester au plus près de la vie. »

Intitulé « Jouer à faire semblant pour de vrai », le projet proposé par Céline Ahond pour ce 1% artistique, est une œuvre de performance constituée d’un ensemble de volets qui se déploient dans le temps et dans l’espace du collège Pierre Curie. Les élèves sont les protagonistes d’un programme annuel d’ateliers-rencontres qui commencera par un lancement (littéral car il s’agira d’un lâcher de ballons !) à la rentrée de septembre 2015. La réalisation de peintures murales monochromes vertes, avec l’entreprise That’s painting de Bernard Brunon, sera un point fort du projet. Les peintures vertes, qui permettent les incrustations d’effets spéciaux au cinéma et à la télévision, matérialisent en effet des « Ouvertures » dans le collège, des lieux de projection de l’imaginaire des élèves. Elles seront ainsi les espaces dévolus au le tournage d’un film, ni fiction, ni documentaire, mais un film-performance écrit par l’artiste et les élèves et réalisé par une équipe de tournage professionnelle. Ce processus va se construire avec les élèves dans la perspective d’un collège ouvert sur la ville en relation avec le centre social Sohane. « Jouer à faire semblant pour de vrai » existe par le dialogue : c’est une œuvre de la rencontre.

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 Angela Detanico et Rafael Lain

Collège Anatole France aux Pavillons-sous-Bois : « Les Pavillons »

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Pour sensibiliser l’ensemble des collégiens, Angela Detanico et Rafael Lain ont mis en place des actions de médiation dans le cadre de l’installation de leurs "Pavillons". Afin de jouer sur l’idée du message secret avec les élèves, les artistes ont fait imprimer des planches d’autocollants avec l’alphabet des pavillons maritimes afin qu’ils puissent, à partir de ces lettres codées, composer leurs propres messages. Par ailleurs, une exposition de l’ensemble des travaux a été organisée, et un concours a permis de désigner trois lauréats dont les messages sont désormais accrochés dans le hall, à proximité de l’oeuvre de Detanico & Lain.

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 Beat Streuli

Collège Jean-Baptiste Corot au Raincy : projet éducatif départemental autour de l’œuvre « Portrait. Collège Jean-Baptiste Corot. 2014 »

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Depuis plus de quinze ans, le regard de Beat Streuli se pose sur le flux des passants et la dynamique urbaine des grandes métropoles. Pour le collège Jean-Baptiste Corot, Beat Streuli a réalisé des photographies d’élèves de la 6ème à la 3ème, usagers de l’établissement. Ces portraits, imprimés sur des films transparents et disposés sur les vitres teintées de la façade principale, cherchent à donner un « visage humain » à l’établissement et établir un lien entre le collège et la ville environnante.

En prolongement, et dans le cadre du dispositif d’éducation à l’image du Département, le Louvre a proposé à l’artiste et sa collaboratrice Marie le Mounier de porter un projet culturel en direction des élèves du collège sur le thème du portrait, un genre très représenté par le musée. Les deux artistes ont ainsi sélectionné dans les collections du Louvre un ensemble d’œuvres autour de quelques grandes thématiques : la famille, l’enfance, les rois et reines, les portraits individuels et de groupe, l’autoportrait…Des journées d’immersion ont été organisées au Louvre afin que les artistes et les élèves travaillent in situ, au milieu des œuvres. Ce point de départ prestigieux a permis aux élèves, diligemment guidé, de réaliser des travaux photographiques proposant une mise en perspective du 1 % du collège et une approche sensible de l’histoire de l’art. Plusieurs questions ont été soulevées, comme la reproduction de l’image, l’impact du médium et de la technique (peinture, photographies numérique...), la représentation du flux, ou encore le rapport entre l’artiste et son modèle autour de la citation de Léonard de Vinci : « Donne à tes figures une attitude révélatrice des pensées que les personnages ont dans l’esprit, sinon ton art ne méritera point la louange. ». Les créations des élèves ont fait l’objet d’une production spécifique exposée au collège sous la forme d’une bâche dans la cour et d’un accrochage dans la salle d’exposition du collège, à découvrir jusqu’au 21 septembre 2015 !

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 Martin Le Chevallier

Collège Didier Daurat au Bourget : « Les secrets du collège », 2012-15

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Martin Le Chevallier installe une douzaine de petits orifices très discrets dans les murs du nouveau collège Didier Daurat. Situées à la hauteur de l’œil ou de l’oreille, ces percées donnent tantôt à voir, tantôt à entendre. Petits tableaux mobiles dissimulés dans les murs, images cachées au détour d’un couloir, bruits étranges semblant sortir du bâtiment, orateurs invisibles interpellant d’une voix à peine audible les élèves sur le chemin de la cantine... Un projet presque imperceptible, des secrets que les élèves pourront se révéler entre eux au fil des années. Comme dans une chasse au trésor, ils les découvriront petit à petit, dans un coin du bâtiment, au fond de la cour ou sur une paroi du préau. Certains « secrets » sont permanents, d’autres temporaires changent sous l’impulsion de l’artiste et des élèves. En effet, un atelier organisé par le cinéaste Philippe Fernandez a permis à un groupe de collégiens de réaliser leurs propres « secrets », une expérience pouvant être renouvelée chaque année ! La réalisation de ces secrets ont permis aux élèves d’expérimenter la réalisation vidéo, la création sonore et les effets spéciaux. Mais aussi de regarder leur établissement avec un œil d’artiste !

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 Eric Baudelaire

Collège Dora Maar à Saint-Denis/Saint-Ouen : « Dora Maar, début, 2015-2019 », projet en cours

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Comme l’artiste le dit lui-même, « le projet inverse la conception conventionnelle du 1% artistique : ce n’est pas l’œuvre qui vit dans le bâtiment, c’est le collège qui vit dans l’œuvre. » En effet, Eric Baudelaire va filmer la vie d’un groupe dans un temps et un lieu donnés, ici le collège Dora Maar à Saint-Ouen durant 4 ans, à une période charnière de leur vie de collégiens. Mais ne seraient-ce pas les élèves eux-mêmes qui vont réaliser ce portrait ? Il s’agit en effet de produire une série de quatre films, ou un film en quatre temps, avec, et non pas « sur », un groupe d’élèves, au cours des quatre années de leur scolarité. Évolutif dans son sujet comme dans son processus de production, le film se transformera progressivement. Les acteurs deviendront les auteurs, documentant la fabrication du film et ainsi la collaboration entre un cinéaste et de jeunes élèves. Ce film participatif puisera autant du côté du documentaire que de la fiction pour creuser l’idée que le collège et le cinéma sont des territoires qui ont au moins une chose en commun : être des chantiers d’invention de soi.

Le tournage, dont une partie a commencé dès le printemps 2015, se fera lors d’ateliers hybrides ne faisant pas de distinction entre les moments de captation vidéo, de discussion et de séances de travail collectif. Abordant la vie de chacun, la vie ensemble, leurs cadres (le collège, la famille, le collège, les amis), les participants prendront progressivement possession des moyens de fabrication, l’image et le son. Il seront accompagnés par l’équipe du film, constituée en partie par des élèves de l’école Louis Lumière, installée en face de l’établissement dans la Cité du Cinéma.

Au terme du projet en 2019, une version définitive du film sera produite, et cette forme longue aura vocation à circuler librement dans l’espace publique : projections au collège, en festival, sur internet...

 Estefanía Peñafiel Loaiza

Collège Barbara à Stains : « récoltes », 2014-2015

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Les images installées par Estefanía Peñafiel Loaiza, artiste d’origine équatorienne, dans le collège Barbara à Stains sont les fruits d’une récolte effectuée avec un groupe d’élèves. L’artiste a mené un atelier vidéo pour créer des images en mouvement en lien avec différents sens du mot « culture ». Le mot signifie bien sûr la transmission des connaissances, principe même de l’enseignement. Mais il renvoie également à cultiver, à semer et ainsi au passé maraîcher du quartier où a été construit le collège. Enfin, synonyme de « civilisation », et compris comme l’ensemble des influences subies par un individu dans sa vie (la famille, l’histoire, la langue, les traditions géographiques), les « culture(s) » rappellent la mixité et les différentes origines des élèves. Ainsi, nous dit l’artiste, « le projet « Récoltes » aspire à partager et densifier ces réflexions avec les élèves, en les rapportant au contexte géographique, culturel et démographique où le collège s’inscrit. Les notions telles que « lisières », « déplacements », « trajets », « territoire » y font partie de la construction identitaire individuelle autant que collective, et peuvent être mobilisées en tant qu’instruments de création artistique et d’affirmation d’une singularité du lieu et d’une expérience d’apprentissage partagée. » Pour ce faire, les élèves ont commencer par filmer leurs passages dans le bâtiment et les environs. « Les images produites au cours des ateliers ont tracé le passage des élèves à travers ces espaces et décors particuliers, en favorisant un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur et s’appuyant sur la puissance fictionnelle et documentaire du cinéma et de la photographie (la lumière, le mouvement, la captation du réel, la mise en scène...). » A partir de ces rushs, l’artiste a effectué une sélection d’images à implanter le collège. Imprimées sur les rideaux, les vitres, les écrans d’ordinateur, ou encore sur la carte de cantine, les images choisies apparaissent subtilement en fonction de la lumière naturelle, de la position de celui qui les regarde et de l’attention qu’il leur porte. Une base de données des images sélectionnées est à la disposition du collège pour d’autres usages, comme une réserve d’images pour le futur.

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 Cyril Dietrich

Au collège Pierre de Ronsard à Tremblay-en-France : « Perspectives », projet en cours

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Titré « Perspectives », le projet de Cyril Dietrich est implique un groupe d’artistes et de chercheurs en collaboration avec les collégiens, le personnel du collège et les parents d’élèves. Il s’agit pour l’artiste d’accompagner, durant cinq années, la production de fictions, réflexions, actions à l’intérieur même du collège et au delà. Ces événements font l’objet de cartes postales diffusées en priorité aux familles et élèves, mais aussi à toute la ville et dans des lieux d’art. Dans ces projets, le collège est considéré à la fois comme une architecture, un espace social, un lieu culturel, un décor de cinéma. Par exemple, l’artiste Jochen Dehn a filmé un dimanche les déambulations dans le bâtiment vide d’un tigre majestueux et de facto exotique. Vincent Bossard a proposé à l’association Les écoliens (destinée à rapprocher des jeunesses différentes issues de trois collèges – deux en France, et un au Sénégal) de tracer, sur le sol de la cour le plan de la salle de classe du collège sénégalais jumelé. Le collectif HeHe a invité les élèves à recréer et rejouer des scènes de désordre et de trouble social dont, à en croire les médias, tous les collèges de Seine-Saint-Denis seraient les théâtres. La dessinatrice Gala Vanson a croqué le quotidien des collégiens. Le duo Balta, lui, a proposé aux élèves de créer leurs propres couvertures de livre, consultables au CDI. Remettant en jeu la définition et les enjeux de "l’œuvre d’art publique", de "l’art dans l’éducation", de "l’art dans la société", les quelques 25 créateurs et penseurs investis dans le collège offrent, en discussion avec les usagers du lieu, de nouveaux points de vue sur leur environnement quotidien.

Plus d’information sur le site internet du projet : http://www.perspectives-tremblay.fr/

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ACTUALITÉS

Dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine, les établissements scolaires sont invités à ouvrir leurs portes afin de valoriser les œuvres du 1% artistique. Le Collège International à Noisy-le-Grand participera à cette initiative mise en place conjointement par le Ministère de l’Education nationale et le Ministère de la Culture et de la Communication :

Collège International
Artiste : Thu Van Tran

1 Allée Christophe Colomb
93160 Noisy-le-Grand

Ouverture  : mercredi 21 septembre de 10h à 14h

Informations : http://daac.ac-creteil.fr/Journees-...